Nord Pas-de-Calais, 26 janvier 2009, épreuve d'admission, moniteur éducateur

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Consignes
1. Vous résumerez le texte en 100 mots (une marge de 10 % en plus ou en moins est admise). Au-delà ou en deçà de cette marge, vous vous exposez à une note éliminatoire (10 points).
Vous indiquerez à la fin de votre résumé le nombre de mots que vous aurez utilisés. Tous les mots comptent (par exemple : « c'est-à-dire » compte pour 4 mots ).
2. A partir du texte proposé et des évènements de l'actualité, que pensez-vous de la question du logement en France en 2009 ? (10 points)
Durée : 3 heures.
Texte
SOS Taudis
Résurgence des bidonvilles, déficit structurel et croissant de logements locatifs sociaux, engorgement des structures d'hébergement, raréfaction du parc privé abordable…
De nombreux facteurs poussent de plus en plus de personnes vers des solutions d'habitat indigne. Avec d'autres réseaux, la Fondation Abbé Pierre lance une grande opération de sensibilisation et d'interpellation, SOS Taudis, en espérant « rendre visible l'invisible ».
Le constat reste le même : un million de personnes vivent dans des cabanes, des campings, des constructions provisoires, des hôtels meublés ; plus de deux millions vivent dans des conditions inacceptables (logements surpeuplés, sans eau, sans sanitaires, sans chauffage…) ; aujourd'hui, 600 000 « logements » sont considérés comme des taudis.
Qu'est-ce qu'un taudis ? Un appartement en location aux murs gorgés d'humidité, avec une installation électrique dangereuse ? Une chambre meublée sans chauffage dont les peintures au plomb s'écaillent ? Une maison individuelle dont le plafond peut s'effondrer et sans raccordement à l'eau courante ? Une cave ou un garage aménagés, un local commercial sans sanitaire reconverti en logement, une cabane en forêt, un baraquement de terrain vague, une caravane délabrée ? Tout cela à la fois. Ce lundi 12 novembre au matin, la Fondation Abbé Pierre (FAP) avait donné rendez-vous à la presse dans le nord de Paris pour la visite édifiante d'un taudis, un vrai : 23 logements, occupés encore récemment par vingt et un ménages dont douze avec enfants, soit trente quatre adultes et trente huit enfants. Treize pièces délabrées entre 8 et 10 m2 sans sanitaires, et huit « F2 » ne dépassant pas 20 m2. A l'occasion du rachat du bâtiment par la Ville de Paris, vingt ménages ont été relogés dans des logements sociaux correspondants à leurs besoins et à leurs ressources, cinq familles bénéficiant d'un accompagnement social après relogement. Exemplaire ? Présente à la conférence de presse, la société immobilière d'économie mixte de la Ville de Paris (Siemp) a énuméré les étapes de cette opération d'éradication de l'insalubrité : déclaration d'utilité publique, acquisition de l'immeuble, études de faisabilité en concertation avec riverains et associations, relogement des occupants, désignation d'un architecte, recherche de financements (en l'occurrence, Ville, État, Région, 1 % banques), obtention des permis de démolir et de construire, lancement d'un appel d'offres pour trouver une entreprise adéquate…
…/…
Faible volonté politique
Après avoir expérimenté le dispositif dans quelques régions depuis le début de l'année, la FAP lance son opération SOS Taudis dans vingt trois départements(1). Prévue sur trois ans, la campagne de sensibilisation devrait à terme couvrir le territoire. Elle accompagnera son démarrage par deux affiches choc 4 m × 3 m (« Taudis : le problème n'est pas seulement que des gens y vivent, c'est qu'ils y meurent », sur fond d'incendie violent et « Quand on est malade, on reste à la maison. Mais si c'était la maison qui rend malade ? », avec un enfant alité dans une pièce aux murs rongés…) et des cartes postales de communication.
Il s'agit de « rendre visible l'invisible » : les professionnels et les bénévoles des associations sont appelés à recenser les logements indignes , puis à accompagner les habitants à partir d'un diagnostic, et surtout à interpeller les pouvoirs publics « si les situations dénoncées ne font pas l'objet de réponses adaptées de la part des acteurs concernés (bailleurs, collectivités, État, propriétaires indélicats…). » Un numéro téléphonique Azur (0 810 001 505) permettra les signalements de tout immeuble ou logement insalubre, vétuste ou dangereux.
Avec un réseau de partenaires – plusieurs associations régionales, mais aussi la Confédération générale du logement (CGL), les Petits frères des pauvres ou le mouvement Pact Arim pour l'amélioration de l'habitat » –, la FAP rappelle que la volonté politique reste velléitaire, et ce malgré une panoplie législative potentiellement performante.
Joël Plantet
Lien social n° 862, 22 novembre 2007
(1)Fondation Abbé Pierre – 3-5 rue de Romainville – 75019 Paris. Tél : 01 55 56 37 00. www.fondation-abbe-pierre.fr/sos-taudis
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