Etudes à l'étranger : quel cadre pédagogique ?

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Effectuer seul(e) son séjour étudiant à l'étranger

La voie la plus difficile…
Les programmes d'échanges et accords bilatéraux passés entre établissements simplifient amplement la tâche en matière de formalités administratives et d'équivalences de diplômes. Sans compter qu'ils dispensent généralement de s'acquitter des frais de scolarité qui peuvent être assez élevés dans certains pays, notamment les États-Unis (près de 1 500 € pour les Colleges publics et jusqu'à 15 000 € pour les Colleges privés).
Préprarez votre voyage longtemps à l'avance !
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La Metropolitan State University - Minneapolis, Minnesota.© DR
La Metropolitan State University - Minneapolis, Minnesota.
Il est tout à fait possible de partir seul(e), hors de tout cadre prédéfini. Encore faut-il avoir un réel projet scolaire ou professionnel et préparer son voyage bien à l'avance, de façon rigoureuse.
Renseignez-vous tout d'abord sur le système éducatif du pays où vous envisagez de séjourner pour savoir en quelle année il est judicieux de partir. Penchez-vous également de manière attentive sur les filières enseignées et surtout le contenu des programmes afin de vous assurer que vous pourrez faire valider votre formation au retour (voir la rubrique « Faire reconnaître son diplôme »).
N'hésitez pas à contacter les Bureaux des relations internationales des universités ou écoles souhaités : ils vous accompagneront dans votre recherche.
Enfin, sachez que, même sans faire partie d'un programme d'échange, vous pouvez obtenir une aide financière de certains organismes, publics ou privés (voir la rubrique « Financer son séjour étudiant à l'étranger »), à condition toutefois de constituer un dossier cohérent, accompagné d'une solide lettre de motivation qui garantira que vous partez avec un projet bien construit et non pour de simples vacances…

Les programmes d'échange : étudier en toute facilité avec Erasmus

Erasmus : l'Europe et un peu au-delà
Voilà plus de vingt ans que le célèbre programme d'échange Erasmus permet à de jeunes Européens de voyager pendant leurs études pour suivre des cours ou effectuer un stage à l'étranger. Au total, ils sont près d'un million et demi d'étudiants issus de 679 établissements d'enseignement supérieur à s'être lancés. Parmi eux, 240 000 Français (23 000 pour l'année 2006-2007) qui se dirigent de préférence vers l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Allemagne.
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L'Université de Cardiff© DR
L'Université de Cardiff
D'autres destinations commencent à avoir le vent en poupe, à commencer par les pays scandinaves et la Turquie. En effet, au départ restreint aux pays de la Communauté Economique Européenne puis de l'Union Européenne, Erasmus s'est depuis peu élargi aux pays de l'Espace Economique Européen comme l'Islande, le Lichtenstein et la Norvège, ainsi qu'à la Turquie, qui s'est portée candidate pour intégrer l'Union Européenne.
Le programme Erasmus en chiffres
  • 31 pays d'accueil
  • 22 981 étudiants partis à l'étranger en 2006-2007
  • 5 454 étudiants partis en Espagne
  • 4 673 étudiants partis au Royaume-Uni
  • 2 800 étudiantspartis en Allemagne
  • Durée moyenne d'un séjour étudiant à l'étranger : 7 mois
  • Allocation mobilité moyenne : 124 € par mois
Les modalités du programme Erasmus
Pour partir avec Erasmus, il faut tout d'abord être inscrit(e) au moins en deuxième année dans un établissement d'enseignement supérieur titulaire de la Charte universitaire Erasmus (la plupart des universités et grandes écoles françaises le sont).
Deuxième condition : avoir la nationalité d'un des 31 pays participant au programme, une carte de résident ou bien le statut de réfugié politique ou d'apatride.
Le programme est ouvert aux étudiants de toutes les disciplines, mais on constate que la « gestion », les sections « langues et philologies » et « ingénierie et technologies » regroupent 60 % des départs.
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Le Geocenter de l'Université de Copenhague© DR
Le Geocenter de l'Université de Copenhague
Chaque établissement procède à sa propre sélection parmi les candidats, en examinant notamment le niveau de langue, les résultats scolaires mais aussi la motivation. Les étudiants retenus sont dispensés des droits d'inscription dans l'établissement étranger et ils peuvent bénéficier, sans que cela soit cependant systématique, d'une bourse qui s'élève en moyenne à 124 € par mois pour des études, à 500 € pour un stage, et à laquelle peuvent s'ajouter des aides complémentaires (voir la rubrique « Financer son séjour étudiant à l'étranger »).
Le partenariat signé entre les différents établissements garantit la reconnaissance académique de la formation suivie puisque les crédits obtenus à l'étranger pourront être validés à votre retour en France (voir la rubrique « Faire reconnaître sos diplôme »).
Enfin, certains établissements d'accueil proposent, outre une aide pour trouver un logement voire un job étudiant, des Cours Intensifs Erasmus de Langue (CIEL). Gratuites, ces séances « CIEL » sont surtout dispensées lorsqu'il s'agit d'une langue peu courante (finnois, grec, hongrois, tchèque, turc…)
Erasmus Mundi
Ce programme a été spécifiquement lancé en 2004 à destination des étudiants de niveau bac + 3.
Erasmus Mundi soutient des cours de master sélectionnés pour la qualité de leur enseignement, avec un double objectif : rapprocher les différents systèmes d'éducation, promouvoir le dialogue interculturel et rendre l'enseignement supérieur européen plus attractif. Les étudiants qui participent au programme peuvent bénéficier d'une bourse pour partir étudier dans l'un des quelque 100 masters labellisés, la plupart en Europe mais aussi dans les établissements partenaires du monde entier.
Pour tous les renseignements, adressez-vous au service des Relations Internationales de votre université ou école.
3 questions à Valérie Houvert, responsable du programme Erasmus à l'Agence Europe Education-Formation France
En 2006-2007, près de 23 000 étudiants français sont partis étudier à l'étranger avec Erasmus. Pourquoi, selon vous, ce programme est-il l'un des plus populaires ?
Valérie Houvert© DR
Valérie Houvert
Définie par le ministère comme une priorité nationale, la mobilité correspond à une demande de plus en plus grande à laquelle le programme Erasmus répond de façon bien encadrée : les étudiants sont dispensés de droits d'inscription dans l'établissement d'accueil et les cours qu'ils suivent peuvent être validés dans leur cursus français. Sans compter l'aide financière apportée : outre la modeste allocation qui leur est versée, les étudiants Erasmus peuvent avoir accès à d'autres financements dans la mesure où appartenir à ce programme constitue un gage de sérieux aux yeux des organismes qui délivrent des bourses.
Quel bénéfice les étudiants retirent-ils d'un séjour à l'étranger ?
Les étudiants partent non seulement pour perfectionner leur niveau en langue mais aussi pour découvrir une autre culture, un autre mode d'enseignement. Cela constitue pour eux une ouverture d'esprit qui les rend plus souples et leur apprend à s'adapter à un nouvel environnement. Autant de qualités qui seront largement appréciées dans le monde professionnel !
Comment préparer au mieux son départ ?
En y réfléchissant un an à l'avance car il n'est pas question d'improviser ! Il est nécessaire, même dans les pays où l'on parle une langue rare et où les cours peuvent être dispensés en anglais, de connaître un minimum de vocabulaire pour se débrouiller dans la vie quotidienne. L'étudiant(e) doit aussi savoir sur le plan financier de quelle somme il pourra disposer, et éventuellement envisager de travailler, sur place ou en France avant le départ. Enfin, il faut s'assurer que le responsable pédagogique de son université ou école d'origine a bien validé les cours qui seront suivis à l'étranger pour éviter que ceux-ci ne soient pas reconnus au retour.

Etudier à l'étranger : les programmes Micefa, CREPUQ et ISEP

La Micefa : étudier en Amérique du Nord
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L'Université McGill - Canada© Gene Arboit
L'Université McGill - Canada
La Mission interuniversitaire de coordination des échanges franco-américains (Micefa) est une association loi de 1901 qui met en relation 14 universités d'Ile-de-France et quelque 80 universités nord-américaines, situées aux États-Unis et au Canada. Les étudiants de niveau Bac+1 minimum sont accueillis pour une durée d'un semestre ou d'un an d'éudes, à condition d'avoir obtenu au moins 213 points à l'examen du TOEFL (voir la rubrique « Tests de langue »).
Les dossiers doivent être constitués pour le mois de décembre précédant l'année scolaire suivante. A l'issue du séjour, les crédits validés outre-atlantique seront pris en compte par l'université d'origine.
Stage estival en études de médecine
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Royal University Hospital/College of Medicine - University of Saskatchewan - Canada© J. Adamson
Royal University Hospital/College of Medicine - University of Saskatchewan - Canada
La Micefa propose aux étudiants en médecine de cinq universités d'Ile-de-France des stages de deux mois pendant l'été. Effectué soit dans un laboratoire de recherche, soit dans un hôpital, ce stage d'études permet de mettre en pratique ses connaissances tout en découvrant un nouvel environnement médical.
Etudier au Québec avec la convention CREPUQ
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La Faculté des Sciences de l'Administration de l'Université Laval - Quebec© Colin Rose
La Faculté des Sciences de l'Administration de l'Université Laval - Quebec
La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) a mis en place un programme d'échange permettant aux étudiants inscrits au moins en deuxième année de suivre des cours dans les principales universités québécoises durant un semestre ou un an. Environ 200 établissements français ont signé cette convention.
Dispensé de droits d'inscription dans l'université d'accueil, l'étudiant doit définir avant son départ la liste des cours qu'il compte suivre au Québec, en accord avec le responsable pédagogique de son université. Les matières validées pourront alors être prises en compte à son retour en France.
Pour retirer un dossier d'inscription, adressez-vous au responsable des programmes de la CREPUQ dans votre établissement d'origine.
Aux États-Unis avec l'ISEP
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L'Université de Denver - Colorado© DR
L'Université de Denver - Colorado
16 universités françaises et 3 grandes écoles font partie du réseau International Student Exchange Program (ISEP). Celui-ci permet aux étudiants de tout niveau et de toutes disciplines, à l'exception du domaine de la santé, de poursuivre leur formation dans l'une des 135 universités américaines partenaires.
Le diplôme du TOEFL est exigé lors de la constitution du dossier. Quant aux cours suivis aux États-Unis, ils doivent être approuvés avant le départ par un responsable de l'université française afin de pouvoir être validés au retour. Les dossiers d'inscriptions doivent être déposés au mois de janvier auprès de la personne responsable ISEP dans votre université ou école.
Les sites incontournables

La mobilité à la fac

Pour être extrêmement répandu et populaire, Erasmus est loin de constituer la seule possibilité de partir à l'étranger quand on est inscrit à l'université.
Universités en réseaux
EUCOR, sept universités autour du Rhin
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L'Université de Fribourg-en-Brisgau - Allemagne© DR
L'Université de Fribourg-en-Brisgau - Allemagne
Les universités françaises de Strasbourg 1, Strasbourg 2, Strasbourg 3 et Mulhouse/Colmar sont associées à celles de Bâle (Suisse), Fribourg-en-Brisgau et Karlsruhe (Allemagne) au sein de la Confédération européenne des universités du Rhin Supérieur (EUCOR). Ce réseau tri-national permet aux étudiants de suivre une partie de leur cursus dans l'un des pays transfrontalier, notamment pour des périodes relativement brèves de quelques semaines, voire quelques mois.
Les étudiants n'ont pas besoin de s'inscrire spécifiquement dans l'université d'accueil et les crédits qu'ils valident sont automatiquement pris en compte dans l'université d'origine.
Des parcours communs ont également été mis en place en biotechnologie, sciences de l'antiquité, droit et études européennes : pour ces trois filières, le diplôme délivré à la fin du cursus est reconnu dans les trois pays. Les étudiants de langues anciennes pourront, quant à eux, obtenir le master binational franco-allemand de philologie classique.
Le réseau européen universitaire du Groupe Santander
Fondé en 1988, le groupe Santander réunit des universités d'une quinzaine de pays européens, dont les universités françaises de Pau, Rennes 1 et Rennes 2, Rouen, Le Havre et Grenoble. Si le réseau s'intègre dans les programmes européens comme Erasmus, il a aussi développé ses propres accords de coopération, notamment avec les États-Unis.
ORA, du Rhône-Alpes en Ontario
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L'Université de Toronto - Canada© DR
L'Université de Toronto - Canada
Fruit d'un partenariat entre la région Rhône-Alpes et la province d'Ontario au Canada, le programme ORA s'adresse aux étudiants de toutes disciplines inscrits au minimum en L3. Ceux-ci peuvent partir 8 mois dans l'une des 15 universités canadiennes partenaires.
Les cours suivis doivent être validés avant le départ par un responsable pédagogique de l'université d'origine. En général, il est recommandé de choisir quatre cours par semestre, chacun correspondant à trois crédits ECTS. Un bon niveau d'anglais, attesté par l'obtention du TOEFL, est par ailleurs demandé par les universités canadiennes.
Universités binationales
Créées pour favoriser la coopération interuniversitaire, les universités binationales permettent aux étudiants de suivre des cours dans les deux pays partenaires et d'obtenir un double diplôme à l'issue de la formation. Un réel atout pour avoir accès à de multiples débouchés dans les deux pays.
L'UFI : l'Université Franco-Italienne
A travers son programme Vinci, l'Université Franco-Italienne propose aux étudiants de Licence (la Laurea en Italie) et de Master (l'équivalent de la Laurea magistrale) de suivre un cursus intégré dans les deux pays dans diverses matières comme les sciences de la Terre et de l'Univers, le droit ou encore l'histoire. Ce qui leur permet d'obtenir un double diplôme ou un diplôme conjoint.
Les doctorants, quant à eux, peuvent s'inscrire en cotutelle et bénéficier d'une bourse d'accompagnement ou d'une allocation de recherche pour mener à bien leur thèse.
L'UFI peut également apporter une aide dans la vie quotidienne des étudiants qui partent étudier en Italie, pour trouver un logement, un stage ou un emploi.
L'UFA : l'Université Franco-Allemande
Regroupant un ensemble de 150 universités et grandes écoles françaises (ESC, IEP, INSA…) et allemandes, l'Université Franco-Allemande propose des cursus intégrés binationaux ou trinationaux (avec l'Angleterre, l'Italie, la Pologne et le Luxembourg).
Ce programme s'adresse à des étudiants de licence ou de master qui passent la moitié de leurs études (deux ou trois semestres) en Allemagne, et un semestre dans le pays tiers dans le cadre d'un cursus trinational. Une période pendant laquelle ils peuvent bénéficier d'une aide à la mobilité de l'UFA d'environ 250 €.
IUT et IAE
Autonomes tout en faisant partie de l'université, les Instituts d'Administration des Entreprises, qui ont acquis une réelle notoriété depuis quelques années, ont développé des accords et partenariats avec des universités étrangères situées dans 80 pays.
Management international franco-latino-américain à Pau-Bayonne, Management franco-allemand à Metz, Diplôme Universitaire Passerelle Asie à Poitiers… Au total, 60 diplômes sont en partie délocalisés, ce qui permet aux étudiants inscrits dans ces filières de partir un semestre ou un an compléter leur formation à l'étranger.
Les sites incontournables

La mobilité au sein des grandes écoles

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L'Université de Tokyo© Francis Tyers
L'Université de Tokyo
Ecoles d'ingénieurs, écoles de commerce, Instituts d'Etudes Politiques ou écoles d'art, toutes les grandes écoles incitent aujourd'hui leurs étudiants à se former en partie dans un autre pays. Les possibilités sont multiples : outre le programme d'échange Erasmus, de nombreux partenariats sont noués avec des établissements étrangers. Les étudiants peuvent y étudier pendant un semestre, un an ou y effectuer un stage. Certains cursus peuvent aussi mener à un double diplôme à l'issue de la scolarité.
Pour obtenir toutes les précisions sur les différents accords, renseignez-vous auprès du service Relations internationales de votre école.
Des écoles en réseau
Parmi les écoles d'ingénieurs, l'Ecole Centrale de Paris a mis en place deux réseaux permettant d'obtenir deux diplômes à l'issue du cursus : le Top Industrial Managers for Europe (TIME) associe plusieurs écoles françaises (Centrale Lyon, Lille, ENSTA…) à des établissements situées dans 27 autres pays. Le Centrale Master's Degree, lui, crée des liens avec l'Australie, les États-Unis, la Grande Bretagne, le Japon et la Chine…
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Warsaw School of Economics - Pologne© Beax
Warsaw School of Economics - Pologne
Côté écoles de commerce, le réseau le plus connu est la Community of European Management Schools (CEMS) qui rassemble 17 établissements européens et cultive des liens avec des entreprises multinationales. L'objectif : habituer les futurs managers à faire face à des situations problématiques posées dans un contexte international. La CEMS délivre à l'étudiant un diplôme qui s'ajoute à celui de son établissement d'origine, le Master in International Management.
Les écoles d'art, enfin, ont-elles aussi leur réseau : baptisé Cumulus, celui-ci réunit plus de 120 écoles d'art, design et media dans 41 pays différents. Les accords d'échange établis entre les établissements donnent la possibilité aux étudiants de développer leur créativité en allant observer les pratiques artistiques de sociétés aux cultures diverses.
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