Accidents mortels : ce que disent les chiffres.

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Introduction

Les accidents les plus tragiques tournent régulièrement en boucle sur nos écrans. À chaque fois, les prises de parole se succèdent et l'on croit tout savoir, à l'instant présent, sur les circonstances et le pourquoi de telle catastrophe. Mais, avec le recul, qu'en est-il exactement ? Quelle est la part des faits établis et des idées préconçues ? Quels chiffres permettent d'affirmer une vérité plutôt qu'une autre ? C'est justement l'objet d'une étude récente, réalisée par le CEESAR (Centre européen d'études de sécurité et d'analyse des risques) et soutenue financièrement par Fondation MAIF, structure indépendante reconnue d'utilité publique qui participe à la recherche en accidentologie pour mieux prévenir les risques. Cette étude décrit les accidents mortels survenus entre octobre 2001 et septembre 2003 et compare avec ceux survenus, dix ans plus tôt, entre mars 1990 et février 1991. Voici quelques-unes des conclusions et des évolutions les plus significatives.
© Sylvain HARRISON / MAIF

Nombre de tués sur la route : une évolution à la baisse qui s'explique

Depuis 1972, le nombre annuel de tués sur la route est passé de 16 000 à 5 000. Le nombre de véhicules particuliers en circulation a quant à lui augmenté de 28 %, entre le début des années 1990 et le début des années 2000 et celui de motocyclettes de 29 % entre 1999 et 2003. Près de 65 % des tués sur la route au début des années 2000 sont des occupants de voiture.
Cette étude permet de confirmer le fait que les principaux systèmes et mesures de sécurité mis en place au cours des années 1990 (renforcement de la loi sur le port de la ceinture, sur la réduction de la vitesse, aménagement de pistes cyclables, de terre-plein central, de voies de dégagement) ont eu un impact positif sur l'évolution des circonstances des accidents mortels et qu'il faut les conforter.

Le risque deux-roues ne diminue pas

Depuis les années 1990, les motocyclistes ont remplacé les cyclomotoristes comme principales victimes d'accidents mortels à deux-roues motorisés. Pourtant, les motocyclistes sont 80 % à mettre correctement leur casque (en augmentation) contre 57 % seulement chez les cyclomotoristes. Et pour cause : 36 % des cyclomotoristes tués dans les années 2000 prises en compte par l'étude sont des 11-17 ans (chiffre en hausse par rapport aux années 1990), l'âge où le port systématique du casque n'est pas la chose la mieux partagée…
Mais la vitesse fait pencher la balance : pour les accidents mortels où le deux-roues est seul en cause, 12 % des tués sont des cyclistes, 22 % des cyclomotoristes et 35 % des motards. Ce qui se confirme par le fait que ces accidents ont lieu principalement le jour et hors agglomération. Plus d'un motocycliste tué sur quatre chute au sol avant de venir impacter un obstacle (véhicule, trottoir, etc.).
Parmi la population de cyclistes, les plus de 51 ans représentent 63 % des victimes (plus 19 points depuis le début des années 1990). Les accidents ont surtout lieu la nuit et hors agglomération, le développement des pistes cyclables en ville commençant à porter ses fruits. Par contre, les moins de 10 ans sont moins nombreux qu'il y a 10 ans (1,5 % des cyclistes tués).

Les piétons âgés sont les plus vulnérables

Les piétons représentent près de 14 % des tués sur la route et sont surtout victimes des voitures, la nuit, hors agglomération. Comme pour les cyclistes, les personnes âgées sont fortement représentées : 45 % des piétons tués ont plus de 65 ans. À contrario, le nombre d'enfants de moins de 10 ans tués a lui baissé de 6 % entre les deux périodes.

Le port de la ceinture qui augmente : le nombre de tués diminue

Qui l'eût cru ? Porter sa ceinture diminue les risques d'accidents mortels ! Aussi évident que cela puisse paraître, cette étude permet notamment d'estimer à 80 % l'efficacité de la ceinture si les occupants de voiture tués, éjectés ou en retournement, l'avaient portée. Et elle montre que 90 % des occupants de voiture éjectés sont morts à cause de l'éjection… D'après l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), le taux de port de la ceinture aux places avant est passé de 80,6 % seulement en 1992 à 97 % en 2005. Le nombre de tués suite à un retournement ou une éjection du véhicule est donc en baisse depuis dix ans (57 % contre 67 % dans les années 1990). Cette tendance se retrouve aussi chez les conducteurs de poids lourds, ce qui se traduit par des éjections en cas d'accident moins fréquentes.

Les axes routiers les plus accidentogènes

Pour les véhicules particuliers, les accidents sur les routes nationales sont en baisse de 7 points, et le nombre des tués sur les petites routes a augmenté. C'est en effet sur les routes départementales, souvent bordées d'arbres, que l'on observe plus de la moitié des tués et cette proportion n'a pas évolué entre les deux enquêtes. Les autoroutes ne représentent que 5 % des tués, malgré la vitesse nettement supérieure (hors motards).

Le choc frontal est prépondérant

De l'analyse des procès-verbaux du début des années 2000, il ressort que 43 % des occupants tués dans un véhicule particulier le sont dans un choc frontal (et 64 % de l'ensemble des blessés graves). 46 % des occupants de voiture tués en choc frontal le sont contre un autre véhicule particulier. C'est en nette augmentation (plus 8 points) par rapport aux années 1990. L'étude pointe également une forte augmentation (plus 10 points) des occupants de voiture tués en choc arrière. Les chocs latéraux font, quant à eux, surtout des victimes parmi les 18-25 ans (un tué sur trois, en augmentation depuis 10 ans).
© Sylvain HARRISON / MAIF
Pour en savoir plus sur Fondation MAIF et avoir accès à l'intégralité de cette étude : www.fondation-maif.fr
Dossier réalisé par la MAIF, novembre 2007.
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