L'orientation dans le système scolaire

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Les différents acteurs

Dans le processus d'orientation de chaque élève, un nombre important de personnes intervient à différents moments de la scolarité de l'élève : les parents, les enseignants, le chef d'établissement, le psychologue ou conseiller d'orientation psychologue, voire même l'assistante sociale qui travaille avec la famille.
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Le professeur principal
Il prend une part active à l'éducation à l'orientation(1) des élèves, et a pour mission de guider les choix des élèves.
Des points de repère sont établis pour les différentes étapes dans le secondaire :
  • au premier trimestre : les élèves explorent tout ce qui est possible ;
  • au deuxième trimestre : c'est le temps des procédures instituant le dialogue entre l'équipe éducative et les familles ;
  • au troisième trimestre : les vœux de l'élève sont examinés en fonction de ses résultats scolaires et les enseignants émettent un avis.
Kit du professeur principal
L'Onisep a mis en place un kit très complet et très détaillé pour le lycée ainsi qu'un nombre important de ressources documentaires lui permettant d'informer précisément les élèves et leurs familles.
Le chef d'établissement
Il est au centre du processus, il préside le conseil de classe et prend la décision finale (sur proposition des membres du conseil de classe) à chaque fin d'année scolaire.
Les conseillers d'orientation psychologues et les directeurs de centre d'information et d'orientation
Ils travaillent auprès des collégiens, des lycéens, des jeunes en voie d'insertion professionnelle et des étudiants. Ils utilisent différentes techniques : l'entretien individuel, les travaux de groupe, etc.
Ils sont spécialistes du conseil individuel en orientation, mais sont aussi des conseillers techniques de l'équipe éducative dans la mesure où ils interviennent de plus en plus comme des formateurs auprès des équipes pédagogiques.
Les conseillers d'orientation psychologues exercent leur profession au sein d'une équipe regroupée dans un centre d'information et d'orientation (CIO), animée par un directeur dont l'action est coordonnée :
  • dans chaque département par un inspecteur de l'Éducation nationale chargé de l'information et de l'orientation ;
  • dans chaque académie par un chef de service académique d'information et d'orientation ;
  • au niveau national par la mission de l'orientation (de la direction de l'enseignement scolaire).
Les inspecteurs de l'Éducation nationale chargés de l'information et de l'orientation (IEN-IO)
Ils concourent à l'animation, à la coordination et au contrôle des actions d'information et d'orientation du ministère de l'Éducation nationale.
Les chefs de service académique d'information et d'orientation
Conseillers des recteurs pour l'orientation, ils pilotent la politique académique d'orientation et ont en charge les services académiques d'information et d'orientation. Ils sont par ailleurs délégués régionaux de l'Office national d'information sur les enseignements et les professions (Onisep).
Le bureau de l'orientation
Ce bureau assure une expertise, en ce qui concerne l'orientation, au sein de l'administration centrale et en direction des services déconcentrés. Il assure la tutelle pédagogique de l'Onisep et de la Cité des métiers. Il suit les activités des centres d'information et d'orientation et utilise les nouvelles technologies de la communication au profit de l'information des élèves.
L'Office national d'information sur les enseignements et les professions (Onisep)
L'Onisep est un établissement public sous tutelle du ministère de l'Éducation nationale. Il édite et diffuse des documents écrits et audiovisuels, et gère des bases de données sur les études et les professions. L'Onisep possède un siège situé en région parisienne et 28 délégations qui publient des informations à caractère régional sur les formations et les professions. L'Onisep propose des « fiches métier » par domaine ou centre d'intérêt et un dictionnaire des métiers.
(1)« L'éducation à l'orientation prépare les jeunes à faire leur choix en les aidant à dégager au maximum leurs potentialités. », eduscol.education.fr.
(2)Centre de formation d'apprentis.

Les procédures à connaître

Redoublement
Article D. 331-29(3) : « le redoublement ne peut intervenir qu'à la demande écrite des parents de l'élève ou de l'élève majeur, ou sur proposition du conseil de classe avec l'accord écrit des intéressés. »
La teneur de la décision d'orientation prise par le chef d'établissement après avis du conseil de classe dépend donc des paliers d'orientation :
  • En fin de 6e : la décision porte sur le passage en 5e ou le redoublement.
  • En fin de 4e : la décision porte sur le passage en 3e ou le redoublement.
  • En fin de 3e : la décision porte sur le passage soit en seconde générale, soit en seconde professionnelle (1re année de BEP en lycée professionnel), soit en première année de CAP (en lycée professionnel), ou le redoublement.
  • En fin de seconde générale ou technologique, la décision porte sur le passage dans une des séries de baccalauréats technologiques ou généraux ou le redoublement.
Un exemple : les étapes de l'orientation après la seconde
En février/mars
Il est remis aux élèves une « fiche d'orientation seconde » ; le conseil de classe examine les intentions de l'élève et fait un bilan de la situation en tenant compte de ses résultats et de ses aptitudes, et apporte une première réponse aux demandes : c'est ce que l'on appelle l'avis provisoire du conseil de classe. Des conseils sont donnés à l'élève : objectifs pédagogiques et aides pédagogiques lui permettant de les atteindre(4).
En mai
La fiche d'orientation est à nouveau communiquée aux élèves et, à ce moment-là, les élèves ou leur famille émettront des vœux d'orientation en précisant :
  • la ou les séries de 1re envisagée(s),
  • la ou les enseignements obligatoires au choix que l'élève choisit de suivre (pour les baccalauréats généraux),
  • la ou les spécialités choisies pour les bacs technologiques.
C'est à ce moment-là qu'il faut s'aider avec les brochures éditées par l'Onisep, rencontrer le conseiller d'orientation psychologue et le professeur principal.
En juin
Le conseil de classe du 3e trimestre examine la demande et fait connaître ses propositions d'orientation accompagnées le cas échéant d'avis sur les enseignements, les options, les spécialités choisies ou série de baccalauréat à envisager. Il faut alors se prononcer sur ces propositions d'orientation : en cas d'accord sur l'une d'elles, celle-ci devient décision d'orientation.
En cas de désaccord, les parents – ou l'élève s'il est majeur – doivent rencontrer le chef d'établissement pour lui exposer les motifs du refus.
À l'issue de cet entretien réglementaire, le chef d'établissement informe de sa décision.
Si le désaccord persiste, les familles ont trois jours pour saisir la commission d'appel qui réexaminera le dossier et pendra une décision définitive.
L'appel
Dans l'enseignement secondaire, une procédure d'appel est prévue aux paliers d'orientation, et c'est à ce niveau que les parents ont la possibilité de faire appel ; aux autres niveaux (fin de 5e, fin de 1re) la décision de redoublement appartient à la famille.
Il arrive que les décisions d'orientation prises par l'établissement ne correspondent pas à ce que demande la famille. Si aucun accord ne peut être trouvé, une commission d'appel, extérieure à l'établissement scolaire, tranchera en dernier ressort.
L'appel doit être une démarche faite en toute responsabilité, sans perdre de vue l'essentiel, à savoir l'intérêt de l'élève. C'est la possibilité de réexaminer la décision d'orientation en fonction des notes de l'élève, mais aussi l'ensemble de ses capacités, de ses difficultés, de ses projets. L'examen de son dossier est fait dans un contexte plus large que celui de l'établissement, par des personnes qui ne sont pas directement impliquées dans son histoire scolaire : chefs d'établissement, professeurs, parents…
La procédure d'appel n'est pas destinée à se substituer au dialogue entre l'équipe éducative, l'élève et la famille. Elle intervient quand il est impossible, au terme de ce dialogue, d'aboutir à une décision commune.
Le droit de faire appel, comme les autres droits de la famille en matière d'orientation, implique pour elle des devoirs : prendre connaissance des documents d'information remis par l'établissement, assister aux réunions d'informations, rencontrer les professeurs et leur demander conseil.
Cette décision d'appel, on le constate, est prise au terme de plusieurs étapes : la décision de redoublement ou d'orientation doit être l'aboutissement d'un dialogue entre l'élève, ses professeurs, le chef d'établissement et les parents.
En outre la possibilité existe, si la décision d'orientation prise par la commission d'appel ne convient pas, de demander le redoublement de l'élève dans sa classe d'origine, à la condition qu'il n'ait pas déjà redoublé cette classe.
(3)Article D. 331-29 du décret du 23 mai 2006.
(4)Le site de l'académie d'Orléans-Tours est riche d'informations à ce sujet avec des explications très détaillées sur les périodes, les procédures : www.ac-orleans-tours.fr.

La circulaire de rentrée 2012 et l'orientation (extraits)

« Accompagner l'orientation et aider à l'insertion professionnelle »
L'orientation occupe désormais une place significative au sein des enseignements du second degré à travers le parcours de découverte des métiers et des formations (PDMF) au collège et au lycée. La mise en œuvre pour tous d'un conseil en orientation anticipé dès la classe de première contribue à réaliser les objectifs en matière de poursuite d'études après le baccalauréat.
Le « webclasseur orientation » de l'Onisep en constitue le support privilégié, à l'instar du livret de compétences expérimental qui permet la prise en compte des compétences acquises hors du cadre scolaire. Les centres d'information et d'orientation (CIO) apportent leur expertise et sollicitent le label national « Orientation pour tous - Pôle information et orientation sur les formations et les métiers ».
Le parcours de découverte des métiers et des formations, généralisé depuis la rentrée 2009, concerne tous les élèves de la cinquième à la terminale de lycée d'enseignement général et technologique et de lycée professionnel. Il a pour but de permettre à chaque élève de construire son parcours.
Ce parcours de découverte des métiers et des formations vise l'acquisition de connaissances, de capacités et d'aptitudes autour de trois dimensions :
  • la découverte des métiers,
  • la découverte des formations,
  • l'auto-évaluation et la connaissance de soi.
Il se décline à chaque niveau au travers d'activités dominantes, d'étapes métiers et de temps forts proposés par l'établissement et notamment les entretiens personnalisés d'orientation réalisés en troisième, première et terminale et en première année d'enseignement professionnel.
Il intègre le socle commun de connaissances et de compétences notamment « les compétences sociales et civiques » et « l'autonomie et l'initiative ».
En outre, le conseil d'orientation anticipé, mis en place dès la classe de première, renforce l'accompagnement personnalisé.
Circulaire de préparation de la rentrée 2012 : eduscol.education.fr

L'orientation active : circulaire du 22 janvier 2008

Les principes
La procédure de l'orientation active ouvre un nouveau droit pour les lycéens : elle consiste à demander à l'université d'examiner le dossier du futur étudiant au vu de son projet, de son parcours scolaire et des exigences du cursus dans lequel il souhaite s'inscrire. Ceci afin de conforter son choix initial ou de lui conseiller une filière mieux adaptée de nature à favoriser sa réussite.
Quelle que soit la recommandation de l'université, l'élève restera libre de son choix final mais ce dernier se fera à la lumière d'une analyse objective, éclairée et réellement accompagnée.
Dès janvier, tout élève de classe terminale qui envisage d'entrer à l'université est invité à adresser à l'établissement de son choix et de sa zone un dossier comportant ses bulletins scolaires de première et de terminale et la mention de la licence (ou plusieurs) dans laquelle il souhaite s'inscrire.
En retour, l'établissement sollicité établit un bilan de compétences de l'intéressé et analyse sa demande en fonction de sa capacité à suivre un cursus universitaire, du degré d'exigence de la filière ou de l'existence éventuelle d'un numerus clausus.
La réponse prend la forme soit d'un encouragement à s'inscrire dans la filière envisagée soit d'une recommandation à infléchir ses vœux en choisissant un autre cursus, soit encore à s'orienter en direction des filières courtes professionnalisées.
Sur la base de ces éléments, l'élève prend sa décision.
Il est clair que les élèves de première et de terminale ont largement intérêt à aller dans les différents forums organisés à leur intention concernant l'orientation après le baccalauréat : le Salon Enseignement supérieur ADREP(5) en est un exemple.
À partir de la rentrée scolaire 2011, le processus d'orientation active, qui s'adressait jusqu'alors aux élèves de terminale, a été avancé en classe de première (générale, technologique et professionnelle) : le besoin d'information des élèves est apparu comme une attente et une nécessité pour faire mûrir leur projet.

L'orientation pour tous – pôle information et orientation sur les formations et les métiers

Les textes
Un certain nombre de textes ont considérablement modifié le paysage des aides à l'orientation et parmi eux :
  • La loi n° 2009-1437 relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie du 24 novembre 2009 avec la mise en place d'un cahier des charges relatif au label national « Orientation pour tous – pôle information et orientation sur les formations et les métiers ».
  • Arrêté du 4 mai 2011 relatif à l'application de l'article R. 6111-1 du Code du travail avec la mise en œuvre du service public de l'orientation tout au long de la vie et création du label national « Orientation pour tous – pôle information et orientation sur les formations et les métiers ».
Les principes
L'orientation relève de l'ensemble des activités qui visent à aider les individus, à tout moment de leur vie, à faire un choix d'éducation, de formation et de profession. Dans un contexte de mobilités professionnelles accrues et de chômage important, ces activités deviennent toujours plus cruciales. Saisissant la portée stratégique de l'orientation, la loi du 24 novembre 2009 relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie institue en France un service public de l'orientation (SPO).
Le SPO vise à garantir à tout individu, quel que soit son statut, l'accès à une information gratuite et objective sur les métiers et l'offre de formation, ainsi que l'accès à des services de conseil et d'accompagnement en orientation.
Le déploiement du SPO, certes encore inégalement réparti sur le territoire national, bénéficie de nombreuses initiatives régionales relatives à la mise en réseau des services d'orientation, à la professionnalisation des praticiens et au recours accru aux technologies de l'information et de la communication, bonnes pratiques qui gagneraient à être reproduites ailleurs.

Des ressources

Rapports
  • « Analyse de l'orientation et des poursuites d'études des lycéens à partir de la procédure admission post-bac », 2012 — www.education.gouv.fr
  • « L'orientation à la fin du collège : la diversité des destins selon les académies », 2012 — www.ccomptes.fr
Des services généralisés à l'ensemble du territoire
  • www.monorientationenligne.fr : une plate-forme nationale de contacts où des conseillers de l'Onisep répondent en direct, par courriel, messagerie instantanée et téléphone, et d'une manière personnalisée aux questions des usagers dans une perspective d'information et d'orientation tout au long de la vie.
  • Le webclasseur Orientation, un environnement numérique de travail proposé par l'Onisep : un service en appui des politiques éducatives d'orientation qui permet à tous les élèves (ainsi qu'à leurs familles et aux équipes éducatives) de garder une trace numérique de leurs travaux et recherche en matière d'orientation professionnelle et de découverte des métiers tout au long de leur scolarité. Ce service est accessible avec un identifiant personnel et un mot de passe.
  • www.onisep.fr : mise à disposition de nouvelles ressources : fiches diplômes, séquences pédagogiques, diaporamas. Ces ressources peuvent être copiées dans l'espace personnel de l'enseignant ou dans l'espace classe.
Autres sites internet
  • www.onisep.fr/quiz : découverte des métiers selon les goûts des élèves.
  • www.lesmetiers.net : ce site se propose d'aider les 12-25 ans dans leur orientation professionnelle. Ils y dénicheront des informations sur plus de 400 métiers, de grutier à magistrat, mais aussi les adresses d'autres lieux d'information.
  • Découvrez les métiers : formations dans le domaine de l'industrie technologique.
  • Francetv éducation : s'orienter, les métiers.

Les textes : le décret du 23 mai 2006 et la circulaire de rentrée 2007

Le décret du 23 mai 2006
Les différents articles du décret du 23 mai 2006 décrivent précisément les précautions dont doit être entourée l'orientation des élèves au collège et au lycée.
En premier lieu, les chefs d'établissements veilleront à faciliter la concertation entre les différents partenaires :
  • Ils créeront ainsi des liens avec le centre d'information et d'orientation (CIO) de leur secteur afin de promouvoir la coopération entre professeurs et personnels d'éducation et d'orientation (article D. 331-28).
  • Ils entretiendront des contacts avec les organisations professionnelles pour qu'elles participent à l'information (article D. 331-26).
  • Ils encourageront le dialogue entre les élèves et leurs parents, les enseignants et les membres du CIO (article D. 331-28).
Au sein des établissements, la démarche d'orientation se déroulera en plusieurs temps :
  • L'observation de l'élève par les enseignants et les personnels du CIO dans le cadre de leurs compétences respectives (il est rappelé que l'évaluation des élèves reste de la stricte responsabilité des enseignants).
  • La synthèse des observations : cette synthèse propose des perspectives pédagogiques et des moyens permettant la réalisation du projet personnel de l'élève. Elle est établie par l'équipe pédagogique, éventuellement élargie au conseiller principal d'éducation (CPE) et au conseiller d'orientation psychologue (COP). Les synthèses seront conservées dans le dossier scolaire de l'élève (articles D. 331-24 et D. 331-25).
  • Un temps d'information de l'élève, qui s'étend de la classe de sixième à la terminale et est assuré par les enseignants, les COP et les CPE pour permettre aux élèves d'accéder aux informations sur les systèmes scolaire et universitaire, sur les professions et sur la carte des formations y conduisant. Cette information est délivrée pendant le temps de présence de l'élève dans l'établissement. Elle fait l'objet d'un programme annuel ou pluriannuel approuvé par le conseil d'administration (CA) et préalablement proposé par le chef d'établissement, qui aura pris soin de consulter les équipes pédagogiques, le conseil des délégués des élèves et le CIO.
Le parcours Avenir
Institué par l'arrêté du 1er juillet 2015, conformément à l'article 331-7 du Code de l'éducation, le parcours individuel d'information et d'orientation et de découverte du monde économique et professionnel prend le nom de « parcours Avenir ». Il doit permettre à chaque élève d'élaborer son projet d'orientation scolaire et professionnel.
Dossier réalisé par Frédérique Thomas, professeur agrégée, docteur en STAPS,
Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand II, mise à jour 2015.
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