Le sport dans l'institution scolaire : l'enseignement de l'EPS

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Introduction

L'éducation physique et sportive (EPS) vise à la réussite de tous les élèves, aux différents niveaux de scolarité : elle contribue avec les autres disciplines à la formation de chacun. Par la pratique scolaire d'activités physiques, sportives et artistiques (APSA), l'EPS garantit à tous les élèves une culture commune. Il convient ici d'en préciser les modalités et les objectifs.
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Place de l'EPS dans l'institution scolaire

Au sein des disciplines d'enseignement, l'EPS occupe une place originale où le corps, la motricité, l'action et l'engagement de soi sont au cœur des apprentissages. En proposant une activité physique régulière, elle participe à l'éducation à la santé et contribue à la lutte contre la sédentarité et le surpoids.
Le traitement didactique des APSA propose des pratiques qui respectent les conditions de sécurité et permettent aux élèves d'apprendre à gérer le rapport « sécurité/risque ». Chaque étape de la scolarité apporte sa contribution à cette construction progressive d'une formation physique complète et cohérente.
À l'école primaire, les élèves explorent leurs possibilités corporelles et construisent leurs premières compétences motrices.
Au collège, les élèves connaissent des transformations corporelles, psychiques et sociales importantes. La pratique de l'EPS aide tous les collégiens à acquérir de nouveaux repères sur soi, sur les autres, sur l'environnement. Les élèves confrontés à la diversité du champ culturel des APSA évoluent, gagnent en efficacité, résolvent, stabilisent leurs réponses corporelles et développent leur potentiel physique. Les collégiens comprennent et assimilent les règles, apprennent à s'intégrer dans une logique de projet. Le cours d'EPS propose un enseignement disciplinaire obligatoire dont tous les contenus sont précisés dans les programmes.
Au lycée, les élèves se déterminent et approfondissent leurs apprentissages : ils affinent leurs réponses motrices dans un nombre plus réduit d'APSA. Ils s'approprient les conditions pour développer leurs ressources physiques en vue de poursuivre une pratique physique régulière en dehors de l'école et pendant toute la vie.
Les difficultés rencontrées dans le traitement des affaires liées au port du voile islamique ont conduit les tribunaux à se prononcer sur l'obligation de la pratique de l'EPS : c'est le Conseil d'État qui, en 1997, a reconnu comme motif valable d'exclusion d'élèves le fait de refuser, sans motif, d'assister au cours d'EPS prévu à l'emploi du temps.
Les contenus d'enseignement ne sont pas identiques d'un établissement à l'autre : la programmation des activités prévues dans le projet d'établissement fait appel à des activités variées. Toutefois la trilogie athlétisme-gymnastique-natation prédomine, le plus souvent associée aux sports collectifs (handball, basket-ball, football). La danse, les activités d'expression ainsi que les activités de pleine nature sont présents dans environ un tiers des projets pédagogiques.
Le nouveau socle commun (entrée en vigueur à la rentrée 2016) ne se substitue pas aux programmes de l'école : il en fonde les objectifs pour définir ce que nul n'est censé ignorer en fin de scolarité obligatoire. Il s'organise en cinq domaines de formation. Les « activités physiques, sportives et artistiques » sont nommément citées dans les domaines 1 (« Les langages pour penser et communiquer ») et 5 (« Les représentations du monde et l'activité humaine »).

L'EPS dans le premier degré

Les professeurs des écoles travaillent avec des enfants dont l'âge peut aller de 2 à 11 ans, c'est-à-dire de la première année de l'école maternelle à la dernière année de l'école élémentaire. Ils abordent différents domaines puisque l'enseignement qu'ils dispensent est polyvalent : français, mathématiques, histoire et géographie, sciences expérimentales, langue vivante, musique, arts plastiques, activités manuelles et éducation sportive.
Donner à l'EPS toute la place qu'elle doit avoir dans l'enseignement du premier degré reste une priorité éducative majeure. C'est par des activités physiques et des pratiques sportives variées et régulières que les élèves développent les conduites motrices qui leur sont utiles, apprennent le goût de l'effort, la persévérance, le sens et l'intérêt de la solidarité.
Dès l'école maternelle et tout au long des cycles de l'école élémentaire, ils acquièrent grâce aux activités physiques une bonne maîtrise de leur corps.
Les programmes 2008 (applicables à la rentrée 2009) et le programme de 2015 pour l'école maternelle réaffirment la place de l'EPS dans l'enseignement, dans le développement des capacités motrices, de l'éducation à la santé, à la sécurité, à la responsabilité et de l'autonomie.
Ces programmes intègrent pour, ce qui concerne le premier degré, les éléments du socle commun de connaissances et de compétences dont la maîtrise est attendue à l'issue du cycle 2 et du cycle 3.
  • À l'école maternelle, il est impératif d'organiser au moins une séance d'activité motrice, de 30 à 45 minutes, chaque jour.
  • À l'école élémentaire, les programmes proposent un horaire global de 108 heures. Les 3 heures hebdomadaires sont le gage d'une pratique régulière.
L'EPS à l'école maternelle
L'activité physique et les expériences corporelles contribuent au développement moteur, sensoriel, affectif, intellectuel et relationnel des enfants.
Ces activités favorisent l'imaginaire et permettent d'éprouver de nouvelles sensations. Elles permettent la découverte et la construction de nouvelles habiletés motrices et de nouveaux équilibres. Elles autorisent également l'enfant à mieux se situer dans l'espace et le temps.
Parallèlement, ces activités contribuent à une meilleure socialisation grâce aux rapports individuels qu'elles permettent d'entretenir et à la coopération qu'elles nécessitent en certaines situations.
Parce qu'elles proposent la participation de tous les enfants à un large éventail d'activités, elles luttent contre les stéréotypes et entretiennent le principe de l'égalité entre filles et garçons.
En outre, elles participent à l'éducation à la santé en associant la notion de mouvement et d'effort à celle de plaisir, sans lien avec les performances individuelles. Elles permettent enfin à l'enfant une meilleure connaissance de son corps.
L'EPS au cycle des apprentissages fondamentaux (CP, CE1, CE2)
L'éducation physique vise ici le développement des capacités nécessaires aux conduites motrices et offre une première initiation aux activités physiques, sportives et artistiques. Tout en répondant au besoin et au plaisir de bouger, elle permet de développer le sens de l'effort et de la persévérance. La pratique des activités est organisée sur les trois années du cycle en exploitant les ressources locales.
Exemples :
  • Activités athlétiques : courir vite, longtemps, en franchissant des obstacles, sauter loin et haut, lancer loin. Natation : se déplacer sur une quinzaine de mètres.
  • Activités d'escalade : adapter ses déplacements à différents types d'environnement.
  • Activités aquatiques et nautiques : s'immerger, se déplacer sous l'eau, se laisser flotter.
  • Activités de roule et glisse : réaliser un parcours simple en roller ou en vélo.
  • Activités d'orientation : retrouver quelques balises dans un milieu connu.
  • Activités collectives : coopérer et s'opposer individuellement et collectivement.
  • Activités artistiques : concevoir et réaliser des actions à visées expressive, artistique, esthétique, exprimer corporellement des personnages, des images, des sentiments pour communiquer des émotions en réalisant une petite chorégraphie (3 à 5 éléments) sur des supports sonores divers, réaliser un enchaînement de 2 ou 3 actions « acrobatiques » sur des engins variés (barres, plinthes, poutres, gros tapis).
L'EPS au cycle de consolidation (CM1, CM2, 6e)
L'éducation physique et sportive vise le développement des capacités motrices et la pratique d'activités physiques, sportives et artistiques. Elle contribue à l'éducation à la santé en permettant aux élèves de mieux connaître leur corps, et à l'éducation à la sécurité, par des prises de risques contrôlées. Elle éduque à la responsabilité et à l'autonomie, en faisant accéder les élèves à des valeurs morales et sociales (respect de règles, respect de soi-même et d'autrui). Il s'agit à ce niveau de :
  • réaliser une performance mesurée (en distance, en temps) : athlétisme, natation ;
  • adapter ses déplacements à différents types d'environnement : escalade, activités de roule et glisse (roller, vélo, ski), activités d'orientation ;
  • coopérer ou s'opposer individuellement et collectivement : jeux de lutte, jeux de raquettes, jeux sportifs collectifs (type handball, basket-ball, football, rugby, volley-ball…) ;
  • concevoir et réaliser des actions à visées expressive, artistique, esthétique : danse et activités gymniques.
Dès l'école maternelle, et tout au long des deux cycles de l'école élémentaire, les élèves acquièrent, grâce aux activités physiques, une bonne maîtrise de leur corps et apprennent à le garder en bonne santé.

L'EPS au collège et au lycée

L'enseignant d'EPS est un enseignant particulièrement qualifié. Il doit transmettre son savoir et par conséquent doit posséder un sens de la pédagogie adapté à sa discipline. Il choisit les disciplines sportives qu'il souhaite enseigner en fonction des exigences pédagogiques du programme.
L'enseignant d'EPS est investi d'une forme particulière de responsabilité dans la mesure où il doit veiller à ce que ses élèves pratiquent le sport en toute sécurité(1). Il doit constamment s'assurer de la sécurisation des infrastructures, surtout lorsqu'il enseigne des activités dites « à risque » (gymnastique, escalade, équitation, sports de combat…). Par ailleurs, il doit connaître les dispositions à prendre en cas d'accident.
La formation est analogue à toutes les formations menant au métier d'enseignant : il faut être reçu à un concours qui se prépare après une licence « STAPS » (Sciences et techniques des activités physiques et sportives). Ce concours, particulièrement difficile, est en fait le Capes d'EPS (le CAPEPS). En 2006, plus de 6 316 candidats se sont présentés pour 400 postes offerts (6,33 % de réussite).
Le service d'un enseignant d'EPS(2) ne doit en aucun cas être supérieur à 6 heures par jour (arrêté du 24 août 1976). La survenue d'un accident durant une septième heure de cours (où l'on peut comprendre qu'en raison de la fatigue la vigilance de l'enseignant diminue) pourrait engager la responsabilité de l'enseignant et celle du chef d'établissement
Au collège et au lycée, les élèves reçoivent un enseignement obligatoire d'éducation physique et sportive hebdomadaire tout au long de leur scolarité.
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Au collège
Trois objectifs généraux :
  • Le développement et la mobilisation des ressources individuelles favorisent l'enrichissement de la motricité : les activités du programme permettent le développement et la mobilisation des aptitudes et des ressources de chaque élève.
  • L'éducation à la santé et à la gestion de sa vie physique et sociale : la prise ne compte de la santé s'envisage de plusieurs manières : physique, psychique, et sociale.
  • L'accès au patrimoine de la culture physique et sportive : le collégien vit des expériences corporelles variées, il accède à une culture critique et réfléchie des APSA.
Compte tenu des caractéristiques et des spécificités des élèves, quatre compétences propres à la discipline sont retenues :
  • réaliser une performance motrice maximale mesurable à une échéance donnée ;
  • se déplacer en s'adaptant à des environnements variés et incertains ;
  • réaliser une prestation corporelle à visée artistique ou acrobatique ;
  • conduire et maîtriser un affrontement individuel et collectif.
En référence au socle commun, quatre compétences méthodologiques et sociales sont identifiées :
  • agir dans le respect des autres ;
  • organiser et assumer les rôles sociaux et des responsabilités par la gestion et l'organisation des pratiques et des apprentissages : installer, ranger du matériel, recueillir des informations, travailler en équipe ;
  • se connaître, se préparer, se préserver par la régulation et la gestion de ses ressources en sachant s'échauffer, récupérer, prendre en compte ses potentialités, apprécier les effets de l'activité sur le corps humain.
Pour construire les compétences du programme, il est nécessaire de s'appuyer sur des activités physiques et sportives. Pour chacune, deux niveaux d'exigence : le niveau 1 correspond à une activité enseignée pendant au moins 10 heures de pratique, le niveau 2 à un enseignement d'au moins 20 heures de pratique effective.
Dans chaque académie, le recteur arrête une liste d'activités physiques correspondant aux réalités et aux particularités régionales et publie les fiches complètes. Le nombre d'activités de la liste académique ne peut excéder le tiers de la liste nationale. En outre une activité et une seule peut être spécifique à l'établissement ; le choix de celle-ci, justifié par le projet EPS, est validé par l'inspection pédagogique régionale. Enfin le « savoir nager » est une priorité nationale : c'est une maîtrise du milieu aquatique qui ne doit pas être confondue avec la natation sportive.
Le projet pédagogique EPS
Il s'inscrit dans le projet pédagogique de l'établissement dont il prend en compte les axes principaux. Ce projet est obligatoire et relève de la responsabilité de l'ensemble de l'équipe de la discipline. Il précise la mise en œuvre locale du programme national et s'appuie nécessairement sur une analyse très fine du contexte d'enseignement. C'est un outil collectif de travail qui alimente les prises de décisions et assure la cohérence du parcours de formation des élèves.
Pour construire toutes les compétences du programme et assurer la diversité de l'offre de formation, huit groupes d'activités doivent être programmés.
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Au lycée
Les enseignements du lycée doivent permettre de définir les contours d'une culture commune et de répondre à la diversité de la demande des élèves. Sont proposés des enseignements qui permettent aux élèves de :
  • diversifier ou approfondir des APSA,
  • se spécialiser.
Les enseignements ne doivent pas se résumer à la certification : la construction d'un citoyen sportif, lucide et autonome, finalité du lycée, passe par une EPS équilibrée et diversifiée. Trois types d'enseignement sont proposés :
  • L'enseignement commun apporte une formation culturelle et méthodologique fondamentale.
  • L'enseignement de l'option facultative propose un approfondissement du travail fourni dans le cadre de l'enseignement obligatoire en s'appuyant sur un nombre limité d'activités.
  • L'enseignement de détermination offre dans le prolongement de l'enseignement obligatoire une voie de réussite scolaire originale et valorise l'acquisition de connaissances et de compétences dans les domaines des activités physiques, sportives et artistiques.
Tous les enseignements sont fédérés autour d'une formation corporelle générale fondée sur l'acquisition d'une culture physique, sportive et artistique.
Comme les autres disciplines, l'EPS participe aux missions définies pour le lycée : accès au patrimoine culturel et développement des capacités de jugement, acquisition de savoirs fondamentaux sans lesquels les lycéens ne pourraient devenir des citoyens responsables et ouverts. La finalité de l'EPS est ici de former par la pratique des APSA un citoyen responsable de la conduite de sa vie corporelle pendant la scolarité et tout au long de la vie. L'apport de cette discipline à la formation globale est particulier, original et irremplaçable. Son enseignement fait vivre à tous les élèves des expériences corporelles collectives et individuelles qui permettent la réalisation de soi. Les lycéens doivent apprendre à s'engager dans l'activité, à prendre des risques et à contrôler leurs engagements, à développer leurs ressources pour acquérir une meilleure connaissance de leurs possibilités.
La classe de seconde correspond à un moment de stabilisation des connaissances et des compétences acquises au collège, mais elle constitue aussi un temps de détermination pour les choix ultérieurs.
Le cycle terminal correspond à un moment d'acquisition de connaissances plus approfondies des activités physiques choisies. Deux enseignements optionnels complètent l'enseignement commun : l'enseignement de détermination en classe de seconde, et l'option facultative des classes de seconde, première, terminale.
L'épreuve d'EPS au bac
Les élèves candidats aux baccalauréats général et technologique des lycées d'enseignement publics et des lycées d'enseignement privés sous contrat bénéficient, pour l'éducation physique et sportive, d'un contrôle en cours de formation(3). Ceux qui ne bénéficient pas de contrôle en cours de formation sont évalués lors d'un examen ponctuel terminal.
Le contrôle en cours de formation de l'enseignement obligatoire d'éducation physique et sportive porte sur trois épreuves. Celles-ci sanctionnent différents types de compétences attendues dans trois activités physiques, sportives ou artistiques enseignées au cours de l'année de terminale.
L'EPS au bac : les textes
  • Arrêté du 9 avril 2002 et BO n° 18 du 2 mai 2002 (modalités d'évaluation) modifié par arrêté du 15 juillet 2004, BO n° 30 du 29 juillet 2004.
  • Note de service n° 2002-131 du 12 juin 2002 et BO n° 25 du 20 juin 2002.
  • Liste nationale d'épreuves et référentiel national d'évaluation à compter de la session 2009 : note de service n° 2007-137 du 2 août 2007 et BO n° 31 du 6 septembre 2007.
  • Liste des couples d'activités pour l'épreuve ponctuelle terminale : note de service n° 2007-116 du 16 juillet 2007 et BO n° 29 du 26 juillet 2007.
(1)Pour exemple, voir les consignes de sécurité données notamment en escalade dans les établissements scolaires, académie de Grenoble.
(2)Service d'un professeur agrégé d'EPS : 17 heures (dont 3 heures forfaitaires pour l'association sportive) ; service d'un professeur certifié EPS : 20 heures (dont 3 heures forfaitaires pour l'association sportive).
(3)Arrêté du 9 avril 2002.

L'association sportive : l'USEP et l'UNSS

L'Union sportive de l'enseignement du premier degré (USEP)
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C'est une fédération sportive scolaire regroupant 800 000 adhérents chargée d'une mission de service public. À l'appui de la convention qu'elle a signée avec le ministère de l'Éducation nationale, l'USEP inscrit son action :
  • en temps scolaire et hors temps scolaire,
  • dans le cadre de rencontres sportives scolaires,
  • dans une dimension éducative et sociale.
Elle a pour ambition de former des pratiquants sportifs capables de participer à la vie de la cité par la pratique sportive, par la participation effective des enfants à la vie statutaire de l'association sportive scolaire.
Dans son action quotidienne, l'USEP insiste sur :
  • la responsabilité de l'enfant et son accession à l'autonomie en l'amenant à organiser et diriger son activité ou celle des autres ;
  • l'appropriation par l'enfant des principes démocratiques et des valeurs de solidarité et de respect (respect de règles, des autres, des engagements) ;
  • l'ouverture de l'association d'école vers la famille et l'environnement social : organisation des manifestations locales, en temps scolaire (plus de 1 500 demi-journées de rencontres) et hors temps scolaire (600 demi-journées de rencontres) ;
  • l'éveil et l'épanouissement de l'enfant, qui, à travers les multiples activités pratiques dans tous les domaines, est acteur de son apprentissage.
Convention entre le ministère de l'Éducation nationale et l'USEP (extraits)
Article 1
La mission de service public, confiée à l'USEP par le ministère, portera sur :
  • la construction d'une véritable culture sportive par l'organisation de rencontres adaptées à l'âge des enfants ;
  • la contribution à l'engagement civique et social des enfants par leur responsabilisation progressive dans le fonctionnement de l'association d'école.
Pour mener à bien ces objectifs, le ministère favorisera et accompagnera la création des associations USEP dans toutes les écoles publiques primaires, conformément à la loi du 16 juillet 1984 modifiée (article 1).
Enfin, au regard de la place et du rôle spécifique occupés par le sport scolaire dans l'enseignement du premier degré, la traduction locale de cette convention, déclinée par chaque inspection académique et chaque comité départemental USEP, sera effectuée avec le soutien des équipes de circonscription de l'Éducation nationale.
Article 2
L'USEP s'engage à développer toutes les actions visant à accompagner, enrichir et diversifier les enseignements scolaires, en particulier
  • en développant des pratiques associatives et des projets pédagogiques associant divers enseignements ;
  • en organisant, avec la participation active des enfants, les rencontres sportives relevant de l'enseignement public du premier degré ;
  • en élaborant des documents pédagogiques afin d'aider les enseignants à mettre en œuvre les activités et pratiques indiquées ci-dessus ;
  • en mettant en place des activités cohérentes avec les enseignements, pendant les temps scolaire, périscolaire et extrascolaire.
L'Union nationale du sport scolaire (UNSS)
L'UNSS, association déclarée conformément à la loi du 1er juillet 1901, est une fédération sportive placée sous la tutelle du ministre de l'Éducation nationale. Le ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports participe également à la définition ainsi qu'à la mise en œuvre de ses objectifs. Elle est membre du Comité national olympique et sportif français.
Elle a pour objet d'organiser et de développer la pratique d'activités sportives ainsi que l'apprentissage de la vie associative par les élèves qui ont adhéré à l'association sportive des établissements du second degré. Elle permet de pratiquer plus de 60 activités sportives et d'accéder à des fonctions de responsabilité.
L'encadrement est assuré par plus de 30 000 professeurs d'éducation physique et sportive dans le cadre d'un forfait horaire de 3 heures hebdomadaires sur toute l'année, au seul bénéfice des élèves inscrits à l'AS et donc licenciés à l'UNSS. Le public est composé de l'ensemble des jeunes collégiens et lycéens (de 11 à 20 ans) qui souhaitent s'adonner à une pratique sportive au sein de l'association sportive de leur établissement. Cette participation suppose de leur part un acte volontaire d'adhésion.
Les compétitions se situent à différents niveaux : district, départemental, régional et national. Au plan national, on dénombre 90 championnats de France UNSS ou grands événements.
Le projet national incite les associations sportives à développer la vie associative, ferment de l'éducation citoyenne. Que cela passe par la formation des jeunes officiels, jeunes reporters ou organisateurs, ou par la participation des élèves aux assemblées générales ou aux comités directeurs, les animateurs d'as disposent de nombreux outils devant leur permettre, à travers la pratique sportive et la vie associative, de remplir cette mission.
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Les programmes sportifs : 2008-2012
Conformément au projet national, il est nécessaire de conserver aux programmes sportifs leur caractère national au regard de l'identité de l'UNSS et notamment en privilégiant la représentation par équipe d'établissement. Pour mieux répondre à la diversité des attentes et des demandes, l'UNSS a décidé d'inscrire les actions des AS sur les trois pôles : développement, compétition et responsabilisation.
En ce qui concerne le pôle Responsabilisation, il s'agit du programme Jeunes Officiels à déclinaison multiple. S'agissant du pôle Développement, il s'agit de redonner un sens aux actions de découverte, d'initiation ou promotionnelles. Quant au pôle Compétition, l'UNSS rappelle son attachement au concept d'équipe, base d'engagement des AS, aux activités dans le cadre de rencontres organisées du niveau local au niveau national voire international.
Un exemple : le programme Jeunes Officiels
Ce programme, riche d'avenir et porteur pour l'UNSS, valorise une véritable politique de formation, les jeunes étant véritablement les acteurs de leur devenir. Aujourd'hui, des rencontres de districts aux Championnats de France et Coupes nationales UNSS, l'arbitrage et le jugement de ces compétitions sont exclusivement effectués par des jeunes élèves licenciés UNSS et titulaires de leur carte « Jeunes Officiels ».
Ce programme est étendu aux jeunes dirigeants, jeunes organisateurs, jeunes reporters, etc.

Les sections sportives scolaires

Les sections sportives scolaires créées par la circulaire n° 96-291 du 13 décembre 1996(4) remplacent les anciennes sections sport études. Elles donnent à l'élève la possibilité d'atteindre un haut niveau de pratique et permettent de concilier études et pratiques sportives renforcées.
Elles sont implantées dans les collèges et, en nombre plus restreint, dans les lycées. Elles sont ouvertes par les recteurs d'académie, au vu d'un dossier préalablement soumis à l'avis favorable du conseil d'administration de l'établissement. La mise en place de ces structures dans l'enseignement primaire n'est pas prévue par la réglementation en vigueur. L'inscription dans les sections sportives scolaires relève de chaque établissement. Elle est traitée dans le respect de la carte scolaire. Des aménagements sont possibles, sous l'autorité du recteur d'académie.
Les élèves bénéficient de quatre à huit heures d'entraînement hebdomadaires, sans que soient, pour autant, négligés les programmes scolaires. Il existe une Charte des sections sportives scolaires(5), qui définit les objectifs, les conditions d'ouverture et les modalités de fonctionnement de ce dispositif. Elle constitue un cadre général susceptible d'être adapté localement.
En outre, la circulaire n° 2003-062 du 24 avril 2003(6) redéfinit les modalités de l'examen et du suivi médical des élèves des sections sportives scolaires.
En ce qui concerne les sportifs de haut niveau et les sportifs espoirs, ils relèvent du ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports et du secrétariat d'État aux Sports. Les élèves accueillis dans ces filières sont inscrits par le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports et du secrétariat d'État aux Sports sur la liste de sportifs de haut niveau.
C'est la circulaire interministérielle n° 2006-123 du 1er août 2006(7) qui précise notamment les conditions d'aménagement de scolarité des élèves sportifs accueillis dans ces filières.
Des conventions engageant les différentes structures impliquées (scolaire, médicale, sportive…) fixent les modalités de fonctionnement propres à chaque pôle.
Plus d'informations : Les sections sportives scolaires.
(4)Publiée au Bulletin officiel de l'Éducation nationale n° 47 du 26 décembre 1996.
(5)BOEN n° 25 du 20 juin 2002.
(6)BOEN n° 22 du 29 mai 2003.
(7)BOEN n° 32 du 7 septembre 2006.

Conclusion

L'EPS bénéficie d'une image très positive chez les élèves. Malgré cela, un tiers des professeurs se plaignent d'un manque de reconnaissance, voire de « respect », à l'égard de leur discipline dans les établissements scolaires.
Pour parvenir à une véritable intégration, les enseignants souhaitent cesser de calquer leur discipline sur les autres, et préféreraient développer au contraire ce qui fait sa spécificité : par la diversité des pratiques programmées dans le cadre des projets pédagogiques, l'élève trouve l'occasion de valoriser son identité et sa singularité, de communiquer avec les autres dans le respect des différences et des règles sociales progressivement établies, de se responsabiliser en assurant des rôles différents. Les expériences concrètes vécues par l'élève dans le cadre des séances d'EPS, organisées en unités d'apprentissage, contribuent de façon originale à la construction de connaissances et de savoirs fondamentaux, au développement d'un registre étendu de ressources (énergétiques, informationnelles, affectives ou cognitives), à l'acquisition d'habiletés motrices spécifiques et de « savoir-faire » adaptés à la diversité des milieux dans lesquels s'exerce la motricité.
Dossier réalisé par Frédérique Thomas, professeur agrégée, docteur en STAPS,
Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand II, mise à jour 2015.
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